[ Moonlight sonata. Beethoven ]

 [ Moonlight sonata. Beethoven ]

"Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du poêle, et celui-là croit qu'il guérirait à côté de la fenêtre.
Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas, et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme.
"Dis-moi, mon âme, pauvre âme refroidie, que penserais-tu d'habiter Lisbonne? Il doit y faire chaud, et tu t'y ragaillardirais comme un lézard. Cette ville est au bord de l'eau; on dit qu'elle est bâtie en marbre, et que le peuple y a une telle haine du végétal, qu'il arrache tous les arbres. Voilà un paysage selon ton goût; un paysage fait avec la lumière et le minéral, et le liquide pour les réfléchir!"
Mon âme ne répond pas.
"Puisque tu aimes tant le repos, avec le spectacle du mouvement, veux-tu venir habiter la Hollande, cette terre béatifiante? Peut-être te divertiras-tu dans cette contrée dont tu as souvent admiré l'image dans les musées. Que penserais-tu de Rotterdam, toi qui aimes les forêts de mâts, et les navires amarrés au pied des maisons?"
Mon âme reste muette.
"Batavia te sourirait peut-être davantage? Nous y trouverions d'ailleurs l'esprit de l'Europe marié à la beauté tropicale."
Pas un mot. - Mon âme serait-elle morte?
"En es-tu donc venue à ce point d'engourdissement que tu ne te plaises que dans ton mal? S'il en est ainsi, fuyons vers les pays qui sont les analogies de la Mort.
- Je tiens notre affaire, pauvre âme! Nous ferons nos malles pour Tornéo. Allons plus loin encore, à l'extrême bout de la Baltique; encore plus loin de la vie, si c'est possible; installons-nous au pôle. Là le soleil ne frise qu'obliquement la terre, et les lentes alternatives de la lumière et de la nuit suppriment la variété et augmentent la monotonie, cette moitié du néant. Là, nous pourrons prendre de longs bains de ténèbres, cependant que, pour nous divertir, les aurores boréales nous enverront de temps en temps leurs gerbes roses, comme des reflets d'un feu d'artifice de l'Enfer!"
Enfin, mon âme fait explosion, et sagement elle me crie: "N'importe où! n'importe où! pourvu que ce soit hors de ce monde!"
Charles Baudelaire



# Posté le lundi 17 juillet 2006 17:53

Modifié le dimanche 01 mars 2009 18:32

DON'T WORRY, LIFE IS EASY

DON'T WORRY, LIFE IS EASY

# Posté le vendredi 07 novembre 2008 19:55

mes larmes d'acide, stupide.



A l'arrière de mes yeux sombres
de mornes étoiles s'éteignent
ne rivalisant plus avec les étincelles qui y brillaient autrefois.
Alors je marche droit, omettant le poids
des tonnes de poussières m'aveuglant
me courbant le coeur, à y penser.
Accrochés à mes pieds
ensanglantés, des mains
congelées sanguinolentes
écorchent mes pas
et laissant dans mes traces
des sanglots tenaces
arrachés, à des voix stridentes.
Ma dépouille s'évapore, j'expire
mes mots délirent,
Mes larmes d'acide,
Semblent si stupides.
Mes maux étranges, dérangent
et mes lettres aux airs de brûlures
qui me bouffent et les murmures
qui me rongent, sourdement
vicieusement, jusqu'à la fin
jusqu'au feu, en nos essaims
ô monde merveilleux.
Pourquoi nous crevons nous les yeux
quand nous les levons jusqu'aux cieux.
Pourquoi.
Et mon coeur crève pour ça
pour rien, tu sais
et les méandres de mon âme
s'enflamment
pas d'extinction aux feux intarissables
et tout crame tout crève
et craquelle mon âme
en fragments de rêves brisés
déchirés en lambeaux, pourquoi
l'animosité de cette vie minable,
les espoirs qui nous font croire
Evasion, l'étrange noir
ronge mon corps jusqu'a l'échine
l'assoiffe de sa vitamine
vitale, et la réalité se prostitue
pour subsister a la fantaisie
et nos enfants perdus
ne croyant plus au monde imaginaire
déchu...

C'est faux, c'est triste
et nos rêves persistent
et mon corps, infime enveloppe, permet (encore)
le coeur à coeur de nos heures
et je fais semblant d'être belle d'être celle
que tu crois, que mon coeur n'est pas
déchiré
arraché,
défoncé,
en l'air
se cramant aux étoiles
que je rêvais tant
enfant.


# Posté le jeudi 24 janvier 2008 13:26

Modifié le mercredi 10 décembre 2008 20:40

"De cette neige qui embellit tout, rend aux ruines leur virginité [...] "

"De cette neige qui embellit tout, rend aux ruines leur virginité [...] "





"Il ignore d'elle tout ce qu'il faut savoir. Ses premiers gestes le matin, la buée qu'elle laisse sur le miroir de la salle de bains, l'empreinte sombre de ses pieds mouillés sur le carrelage, la route du front de mer, le drapé de son corps dans le lit de l'hôtel, le trou de sa tête dans l'oreiller vide, si elle prend une entrée ou un dessert, les heures du jour qu'elle n'aime pas, savoir si elle regarde son café avant de le boire, le spectacle de sa nudité, le bordel dans ses papiers, le bruit de son sèche-cheveux."

Hugo Boris.

# Posté le lundi 17 juillet 2006 18:34

Modifié le vendredi 07 novembre 2008 19:14

Amour De Cour De Récré





Je suis un lycéen amoureux, et tu es mon parfum préféré
L'amour est toute, toute mon âme.
Tu es ma cour d'amour.

Cependant mes mains tremblent.
Je le sens,
mon corps reste tendu,
Peu importe, je suis en feu.
Sur la cour, amour.

Tu es le morceau d'or qui rougit toute mon âme.
Prolongations, sur le sol.
Tu es ma cour d'amour

N'importe quand, de toute façon,
Tu es mon amour de cours de récré.


Air, Playground lover

# Posté le samedi 22 juillet 2006 14:49

Modifié le vendredi 07 novembre 2008 19:19